Pourquoi fait-on une psychanalyse ?

Quand quelqu’un prend rendez-vous pour la première fois chez un analyste, la demande n’est pas ou très rarement  de « faire une analyse » mais bien plutôt celle d’aller mieux ! et souvent il y a urgence !

« Aidez moi, je n’y arrive plus à mon travail, je vais craquer, j’ai des idées noires… »

« Je suis sur le point de divorcer mais pourtant j’aime ma femme, je répète la même histoire pour la énième fois, je suis très angoissé… »

« J’ai des migraines persistantes que la médecine ne peut plus soulager… »

 

Qu’est-ce qu’un cabinet de psychanalyse ?

Le cabinet de l’analyste est un lieu de paroles où le patient est invité selon la « règle fondamentale » à dire tout ce qui lui vient à l’esprit, sans censures. L’Homme, cet être de langage, ce  parlêtre  comme disait Lacan, ce  vivant-parlant  comme disait le Maharal de Pragues est organisé par le langage dès sa naissance, l’infans est immergé dans le discours maternel et de nombreuses étapes jalonnent son devenir adulte.

L’analyste par sa présence intérieure soutenue, son engagement, sa disponibilité d’écoute, écoute bienveillante mais active, permet à son patient de devenir sujet, de se connaître et de comprendre de quelle manière il fonctionne dans ses relations avec les autres.

Une phrase de Platon a retenu mon attention « Qui, dans le corps où n’existe point d’amour, sait l’y faire naitre, celui-là est le médecin le plus habile ».

C’est l’objectif du psychanalyste, c’est le mien.

 

Mais alors faire une analyse, parler ça mène à quoi ?

Faire une analyse c’est se rencontrer, en faisant des liens de son passé vers son présent, c’est ouvrir la porte de la compréhension de nos agirs, relever et mettre en déroute les répétitions qui font tant souffrir.

Avec l’aide de l’analyste (dans notre jargon nous dirons « le transfert ») un mouvement s’opère de l’un à l’autre, l’analyste va repérer les lapsus, les mots d’esprits de l’analysant comme autant de pont vers l’inconscient.

Mieux se connaître, c’est s’interroger sur ses choix de vie, faire table rase ou presque de la toute puissance infantile avec ses revendications d’amour, c’est renoncer à quelques illusions et enfin arriver à pacifier ses relations tant familiales que professionnelles. Les chocs, les traumatismes sont toujours affectifs et tournent inévitablement autour du manque d’amour.

 

Est-ce qu’il y a un vrai changement ?

Oui et c’est un changement durable car la cure permet de dénouer par la parole ce qui s’est noué par la parole (Lacan)

C’est en profondeur que le changement s’opère, alors que tout semble être comme avant, en fait tout est différent. Une patiente me disait : « mais en fait tout le monde devrait faire une analyse ! Je ne m’en étais pas aperçu mais mes amis m’ont dit que j’avais changé et effectivement je me sens beaucoup mieux »

La vision de notre monde s’élargit car l’angoisse s’amoindrit et nous ne prenons plus les choses de la vie, les tourments, les difficultés mais aussi les bonnes nouvelles, les joies de la même manière, un ancrage, une solidité nouvelle permet de faire face aux évènements.

 

La psychanalyse est un gain de civilisation

Freud a toujours lié l’obtention d’un gain thérapeutique au gain de civilisation (kulturarbeit) [1] comme visée de l’analyse.

L’éthique (du grec ηθική [επιστήμη], la science morale)  de la psychanalyse dans sa visée de l’acceptation de soi, de sa singularité, de l’acceptation  de l’autre en soi en fait un gain de civilisation.

 

[1] Sigmund Freud, Nouvelles conférences, Ed. Gallimard, Paris 1984, (GW 15, p. 86).

Fermer le menu